mardi 9 juillet 2013

Bjoie, site de bijoux made in Wimereux, veut séduire la France


Irène Marce, à Wimereux, chez elle, où elle a confectionné son nouveau site de vente de bijoux, Bjoie. Photo Guy Drollet
LOCVDN
Elle nous reçoit chez elle, à Wimereux, dans une tenue noire, simple et chic. Des bijoux fins et argentés au cou et aux oreilles, elle avoue avoir « un côté classique » : « c’est un peu mon passe-partout ». Un style qu’elle propose sur son site, mais pas seulement. « J’aime aussi beaucoup ce qui est un peu excentrique. Ce qui m’intéresse dans la mode, c’est l’audace. » Ses rubriques : chic, glam‘, fantaisie, ethnique, vintage… elle propose même des bijoux pour homme. « Je regarde beaucoup la mode, les tendances, et comment les gens s’habillent au quotidien. Je compare entre les pays, et recherche comment faire entre ces cultures mélangées pour proposer des articles variés, où chacun peut trouver sa fantaisie. » Pas d’or ou de diamants chez elle, le luxe, elle laisse ça aux bijoutiers qui ont pignon sur rue. « Je veux faire de la qualité, mais dans des prix abordables. Et dire aux gens : « osez ! ». C’est bien d’être audacieux, s’habiller comme on aime et se sentir bien. »

Nouveau départ

Mélange des cultures et affirmation de sa personnalité sont des sujets qu’elle connaît bien. Originaire du Nigéria, elle est arrivée en France en 1993. « À l’époque, on m’appelait « Madame bijoux ». Je portais toujours des colliers, des bracelets, des bagues à presque tous les doigts et même aux orteils ! » Et puis, elle a arrêté de porter ce qui passait pour trop excentrique aux yeux de son entourage. Venue dans la région avec son mari, Bruno, elle se fond peu à peu dans son nouvel environnement, apprend à parler et penser en Français, s’adapte. Jusqu’au jour où son mari décède dans un accident, début 2012, lors de l’explosion d’une plateforme pétrolière au large du Nigeria, où il travaillait. Une période forcément difficile suit et retarde son projet.
Et c’est aujourd’hui un nouveau départ qu’elle prend, avec son rêve qui se réalise et un hommage à son mari dans le nom de son site, Bjoie. « Cela veut dire Bruno-joie. J’avais eu cette idée il y a plusieurs années déjà, nous venions de passer un moment simple et plein de joie tous les deux, et je me suis dit que c’était ça le nom qu’il fallait. C’est resté. »

Fait maison

Les idées, le nom, l’envie… il ne lui manquait que la confiance pour se lancer. « Au début, je voulais ouvrir une boutique en ville, mais le prix des loyers, toutes les charges… C’était trop. Alors j’ai eu l’idée de faire un site. » Ses atouts : graphiste, elle est aussi passionnée par l’informatique. Et commence la conception de son site dès 2011. « Cela prend beaucoup de temps, mais ça vaut le coup : si j’avais dû payer quelqu’un pour le faire, je n’aurais pas pu, et puis tout est à ma façon. » Du look du site aux photos des mannequins, tout est maison. « Je n’osais pas faire les photos au début, j’avais peur de ne pas faire assez bien. Et puis finalement, des amis m’ont poussée à me lancer et maintenant, j’adore ça. »
Le résultat, très pro, ne laisse pas transparaître que les jeunes femmes que l’on voit en photo sur le site sont des amies qui ont posé devant un mur blanc, chez elle, avec les moyens du bord. Quant aux bijoux, elle en fait elle-même une partie, tandis que la majorité vient de fournisseurs américains, d’un artisan tibétain et d’une amie, Peace Crozet, qui fabrique dans le sud de la France des bijoux très colorés avec des pierres naturelles venues d’Afrique. « Elle n’osait pas lancer son propre commerce. Alors je le fais pour nous deux ! »
Un cocktail « tendance, oriental et ethnique » avec lequel elle espère séduire toute la France. Et si ça marche, embaucher une à deux personnes pour gérer l’expédition des colis, l’administratif… et même s’étendre, pourquoi pas, à toute l’Europe. « Il faut toujours avoir un objectif de développement, c’est comme ça qu’on avance. » Ça, et une pointe d’audace !
Source: la voix du Nord

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